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Politique en coulisses L’actualité politique décryptée par Marie-Eve Malouines, chef du service politique de France Info. |
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Gérard Longuet dérape... retour sur le contexte
France Info - 10 mars 2010
C’est la polémique du jour. Suscitée par les propos de Gérard Longuet, le président des sénateurs UMP. Il ne voit pas Malek Boutih présider la Halde, car mieux vaut selon lui un représentant du "corps français traditionnel". C’était au cours de l’émission "questions d’info" sur LCP avec l’AFP.
Commençons par nous remettre l’objet de la polémique dans l’oreille… A la question "pourquoi pas Malek Boutih, pour succéder à Louis Schweitzer, à la tête de la Haute autorité chargée de la lutte contre les discriminations ?", voici ce qui pose problème dans la réponse de Gérard Longuet : "ce n’est pas le bon personnage. La Halde ça veut dire que la France s’ouvre aux populations nouvelles. Louis Schweitzer, un vieux protestant, c’est parfait ! il vaut mieux que ce soit un corps français traditionnel qui se sente responsable de l’accueil de tous nos compatriotes. Si c’est quelqu’un de l’extérieur le risque c’est de rater l’opération."
L’idée ce serait que pour aider la France des vieilles traditions à s’ouvrir aux nouvelles, mieux vaut un représentant de ces traditions anciennes… Mais évidemment, ce n’est comme ça que c’est formulé... d’où, le problème…
Car Gérard Longuet n’est pas un inconnu, même si sa carrière a été moins brillante que prévu….
Il faisait partie de la bande à Léo, avec Alain Madelin…Les jeunes giscardiens, qui avec François Léotard, on relevé le défi après l’échec de la droite en 1981… Ils font leurs premières armes de ministres en 1986, dans le gouvernement de Chirac, sous la présidence Mitterrand… Avec de jeunes loups RPR, Alain Carignon ou Michèle Barzach, ils croient pouvoir rénover la politique… Mais l’opération fait long feu en 89… Gérard Longuet ne baisse pas les bras… Ce libéral assumé est souvent la cible de la gauche, qui n’oublie pas ses jeunes à Occident… Il se rapproche d’Edouard Balladur, dont il est ministre (industrie, postes et télécommunications), quand une première mise en examen le contraint à la démission… Il reste président de la région Lorraine, mais sa carrière nationale est mise en veilleuse… Presque 15 ans après, à 63 ans, il a obtenu le non lieu définitif… c’était hier… Il en était joyeux, libéré, bien plus qu’il ne l’imaginait, Gérard Longuet : « je ne pensais pas que je me sentirai aussi libre que je le suis aujourd’hui. J’avais intégré cette durée, cette pénibilité et je pensais que le non lieu hautement probable depuis des années ne changerait rien. Hé bien ça change tout. Quand vous marchez sans boulet vous marchez plus vite. »
Et marcher plus vite, pour Gérard Longuet, c’est être libre… libre de voter ou non, la réforme de la justice : "je suis très attentif à cette question. Ce que ej sens c’est que l’on ne peut pas laisser un homme seul face au pouvoir de l’Etat. Le juge d’instruction a beaucoup de défauts, mais normalement, il instruit à charge et à décharge. Et s’il oubliait d’instruire à décharge, l’avocat le lui rappellerait. Et la chambre de l’instruction peut le lui rappeler également… - la réforme en cours vous inquiète ? oui, elle m’inquiète, je ne la connais pas assez pour dire si je peux la voter, en tout cas je voterai en conscience et pas par discipline de vote."
La liberté de marcher plus vite, pour Gérard Longuet, président du groupe UMP au Sénat, c’est aussi de dire ses réticences fortes, sur la taxe carbone : "est-ce une priorité ? quand on sait que c’est une taxe qui va fonctionner pour deux ans et demi et dont la dimension européenne s’éloigne à cet instant. C’est un sujet qui mérite d’être réfléchi".
C’est donc un homme qui ne pratique pas la langue de bois… jusqu’au dérapage ?
Disons que Gérard Longuet n’a pas peur de prendre, y compris des siens, les UMP, à rebrousse poil… Ainsi, sur l’ouverture, il est plutôt ouvert : "je suis pour une république apaisée, et je trouve qu’il s’agit d’un signal fort pour que la cour des comptes qui contrôle les comptes de l’Elysée, soit présidée par quelqu’un qui n’appartient pas à cette famille politique. Mais je comprends très bien que cela ne plaise aux députés UMP, qui ne sont pas très contents et à notre électorat qui se demande : de quoi s’agit-il ?"
Aujourd’hui, il s’agit de Gérard Longuet qui, libéré du boulet des affaires qu’il trainait depuis 15 ans, s’en est accroché un autre au pied, avec ces propos sur le profil du futur Président de la Halde…
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