Calme précaire au Nigéria, après les massacres du week-end
France Info - 10 mars 2010Les premiers enterrements ont commencé hier à Jos, dans le centre du pays. Plusieurs centaines de personnes, toutes chrétiennes, ont été massacrées ce week-end par des musulmans. L’armée est sur place depuis, pour tenter d’éviter la surenchère... Et se retrouve critiquée, pour ne pas avoir su anticiper un massacre annoncé.
Dans un silence... de mort. A Jos, au centre du Nigeria, une foule s’est massée devant la vaste fosse, creusée à la hâte pour accueillir les victimes du massacre du week-end. Combien sont-elles, ces victimes ? Difficile à dire : la police parle de 109 morts - un chiffre authentique et incontestable, selon elle - , les ONG de plus de 200, et les autorités locales de 500 morts.
Seule certitude, toutes les victimes sont chrétiennes. Tuées par des groupes musulmans dans la nuit de samedi à dimanche. Un déferlement de violence gratuite. Une “atroce violence”, selon les mots du Pape aujourd’hui.
| Plusieurs centaines de personnes massacrées dans le centre du Nigeria. Les premiers enterrements ont eu lieu... dans la douleur. Reportage de Julie Vandal, la correspondante de RFI (2'03") | |
Chrétiens contre musulmans, l’affrontement ne date pas d’hier. Il y en a eu en 2001 (un millier de morts), puis en 2008 (700 morts, selon Human rights watch) ; enfin en janvier dernier (326 musulmans tués, selon un bilan officiel).
A chaque fois, le même cas de figure : le nord du Nigeria applique la charia ; le sud est chrétien. Le centre du pays se retrouve fort logiquement entre les deux.
Au début du XXe siècle, les colons britanniques ont fait venir de la main-d’œuvre du nord, des ethnies Fulani et Haoussa, musulmanes. Trois générations plus tard, celle-ci est toujours sans terre... qui reste aux mains de l’ethnie Berom, majoritairement chrétienne. Situation insoluble...
L’armée nigérianne a été placée en alerte rouge, une fois de plus. Un couvre-feu a été décrété, de 18h à 6h, dans la région de Jos.
L’armée se retrouve d’ailleurs au cœur d’une polémique, accusée de ne pas avoir anticipé la flambée de violence. Le président par intérim, Goodluck Jonathan, a démis hier de ses fonctions son conseiller national pour la sécurité. Pas sûr que cela suffise.
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